01.04.2009
Wiazemsky mon amour.
Wiazemsky, c'est Anne. Anne et moi sommes copines depuis que j'ai environ 16 ans. On papote, on partage et elle me raconte des histoires. Anne est, avec Voltaire entre autres, quelqu'un que j'apprécie au travers de ses écrits. J'aime les contes de Voltaire, et Anne j'aime ses mots.
Tout a commencé quand j'ai lu Une poignée de gens. Cette histoire avait tout pour me plaire. Elle raconte l'exil d'une famille d'aristocrate russes aux alentours de 1917. C'est le passé des ancêtres de l'auteur. Comment ont-ils vécu cette guerre civile où les paysans qui vivaient sur leurs terres se rebellent? Et l'exil... L'exil est raconté dans Aux quatre coins du monde. Pourquoi ce roman avait tout pour me plaire? De la Russie d'abord, de l'Histoire ensuite. Mais de l'Histoire vécue, racontée de l'intérieur, pas dans un livre d'école. Et pour couronner le tout... une belle écriture, comme certains le disent, les mots d'une conteuse.
Elle m'a poussée, cette chère Anne, à lire tout ce que je pourrais trouver d'elle. J'ai dévoré Sept garçons , adoré mon Beau navire, déguster Marimé, Je m'appelle Elisabeth et les autres.
Un de ceux qui m'a le plus marqué c'est Sept Garçons, un petit résumé?
Leurs mères s'en étaient allées, bras dessus, bras des sous, sous le prétexte de visiter la maison et de retrouve les autres adultes, sur la terrasse.
"Amusez-vous, faite connaissance !" avait claironné Claudie tandis que Pauline avait murmuré furtivement à Dimitri : " Tout va bien se passer."
Quand elles se furent éloignées, les sept garçons entourèrent aussitôt les nouveaux venus. Conscient d'être soumis à un examen, ceux-ci n'avaient qu'une seule envie: se sauver. Mais se sauver où?
"Nous somme cernés par les Japs", pensait Dimitri en se prenant pou Buck Danny, un de ses héros de bande dessinée préférés Quant à Roséliane, seule fille au milieu de huit garçons elle se sentait fille pour la première fois de sa vie. Ce n'était ni agréable, ni désagréable, c'était nouveau.
C'est plus une mise en bouche qu'autre chose. Ça se passe l'été, c'est enfantin mais mature, léger mais grave. J'ai souri, me suis laissée attendrir, et j'ai pleuré.
Et puis Mon Beau Navire:
Caracas, 20 avril 1962. Pour la troisième fois, Roséliane, treize ans, fille de haut fonctionnaire, embarque sur le magnifique transatlantique Balboa : une traversée de douze jours va la mener en France pour les vacances scolaires. Femmes seules, officiers séducteurs, dîners, fêtes : l'œil aigu, l'âme troublée, le cœur en alerte, entre la magie de l'enfance, son humour féroce, et les émois de l'adolescence, en compagnie de Dimitri ou de sa nouvelle amie Dominique, inquiétante et fascinante, Roséliane observe le ballet des conquêtes, des jalousies, des abandons, des jeux adultes. Que se passe-t-il, la nuit, dans les cabines, dans les coursives, autour de la piscine ? Et à quoi joue donc sa mère, la belle Pauline ? Les réponses ne lui seront données qu'au terme du voyage qui restera dans sa mémoire, avec ses enchantements et ses désillusions, comme le passage déchirant d'une de ces frontières imaginaires en deçà desquelles on ne revient jamais.
J'ai embarqué avec Roséliane. J'avais treize ans avec elle, je découvrais avec elle les voyages en bateau, les officiers (qui me faisaient, et font toujours, rêver). J'ai souvenir d'une traversée mémorable d'apprentissage et de dépaysement. C'était l'été, j'étais en Bretagne, mais chaque jour je rejoignais Roséliane. C'est lointain, j'avais 16 ans, mais je m'en souviens comme d'un voyage vécu. Par image, moi à l'avant de bateau, le vent dans le nez, le soleil qui se couche sur l'océan. Moi qui aime tellement l'Océan.
Anne a eu le don de me marquer à presque tous les coups, de façons différentes, mais toujours délectable. Elle m'emmène ici et là, et ses contes font toujours mouche. Elle doit me connaître. Comment serait-ce possible autrement?
Comment saurait-elle mon amour des princesses russes, de l'histoire, des récits de vacances, de familles, de l'océan, de l'aventure?
Vous me direz que je ne suis peut-être pas si différente des autres. Peut-être. Mais tout de même un peu. Et je veux continuer de penser, que quelque part, Anne, elle écrit pour moi. Pour m'emmener loin quand l'adolescence me tenait sur la terre ferme, pour me ramener à mes 9 ans, pour m'entraîner vers 30 ans, pour toujours me faire voyager sur le fil ténu, long et varié de la vie.

Anne Wiazemsky et moi, on est amies.
Clotilde
20:56 Publié dans Clotilde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : littérature, anne wiazemsky
19.02.2009
La liste de Jill Smolinski
Nous avons toutes nos petites listes: de courses, de cadeaux, de livres à lire, de "pour ou contre". La liste fait partie de notre quotidien et permet une meilleure organisation. Personnellement je suis une adepte des listes. Certaines sont plus éphémères que d'autres, certaines demeurent au fond de mon tiroir sans jamais être réellement utilisées tandis que d'autres sont fièrement exhibées sur mon panneau de liège et régulièrement mise à jour. Quelles qu'elles soient, ces listes entourent, cadrent, rythment, accompagnent mon existence.
La liste de Jill Smolinski, écrivaine américaine, c'est son premier roman "Le prochain truc sur ma liste" (vo:The Next Thing on My List). Sa liste n'est pas celle que l'on froisse en sortant du supermarché, ni celle que l'on écrit le premier jour de chaque année et que l'on oublie rapidement dans un coin. Sa liste est celle que l'on garde précieusement dans son portefeuille, à laquelle on se réfère dans la moindre situation. Une liste qui nous pousse à aller plus loin, grandir, oser, s'ouvrir aux autres. Un guide de maturité, de découverte, d'amour et de défis. Une liste qui pourrait bien nous surprendre...

Et j'ai aimé leurs listes...
Celle de Marissa me ressemble..., je suis une June se découvrant peu à peu... et j'angoisse à l'idée de ne pas réaliser le point n°1 de la liste que ferait Charlotte....
Je suis le genre de lectrice qui n'aime pas finir un livre de peur que les personnages me manquent une fois la dernière page tournée. Mais grâce à la liste de Marissa, j'ai eu l'impression d'apprendre à me connaître à travers les péripéties de June. Trop souvent sur la même longueur d'ondes, prévoyant presque ses répliques. Et sans aller jusqu'à dire que Marissa a changé ma vie, je dirai qu'elle m'a donné envie de faire une liste, celle que l'on garde précieusement et que l'on suit à la lettre, un peu comme un calendrier de l'avent où je dois ouvrir plusieurs fenêtres avant de... Ce livre m'a montré qu'une liste est facile à écrire, plus difficile à appliquer. Et tout comme June, j'aurai tendance à mettre en pratique celle d'un/une autre par facilité, y voyant un but, une raison. Mais finalement une liste n'a pas besoin d'être sensationnelle tel que: aller sur la lune, être célèbre, me marier avant trente ans où je ne sais quoi encore qui réduit considérablement l'excitation et le divertissement. Non ma liste c'est celle des choses possibles que je ne tiens pas, celles des choses que j'ai envie d'essayer, de la plus petite idée à la plus farfelue. Une petite liste pour pimenter ma vie et me prouver que la plus belle réussite dans la vie c'est justement de vivre...

Ma liste (en cours de rédaction)
- laisser pousser mes cheveux
- perdre du poids
- acheter l'intégrale de "Sex and The City"
- faire du patin à glace sans tomber
- m'acheter un Burberry
- courir deux fois par semaine
- tenter le maillot à la cire
- ...

16:47 Publié dans Cilyne | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : jill smolinski, la liste, littérature
































