21.03.2009
Once again
L'amitié est quelque chose de terriblement fragile. De bringuebalant.
Parfois c'est tellement fort, beau, intense. C'est si plein de sens ! Et ça peut être aussi tellement mesquin, tellement décevant.

Oui, la déception en amitié fait un mal de chien. Différemment de la trahison, qui elle, est en général sans appel. La déception laisse place à une situation flottante, étrange, où on ne sait plus trop où on en est. Où on laisse faire les choses, pour voir ce qui va se passer. Mais on y croit déjà plus qu'à motié. Et tout finit par se déliter, petit à petit ...
Là où avant il y avait quantité de souvenirs, de moments agréables, de complicité, il ne reste plus que la peine et le désappointement, la désagréable impression de s'être fait avoir.
La déception est d'autant plus grande, quand elle est provoquée par le mépris, par une méchanceté toute primaire, un accès de colère à notre égard qu'on ne comprend pas, qui n'a a priori pas de raison d'être. Etre en froid avec quelqu'un parce qu'il y a eu divergence d'opinions, dispute ou erreur, c'est logique, sensé. Se sentir méprisée sans comprendre ni savoir d'où ça vient, sans qu'il n'y ait eu de « préavis » avant, comme ça, d'un coup, subitement, ça fait mal au cœur. Il y a quelque chose d'infiniment blessant dans l'attitude méprisante d'un proche qu'on n'explique pas.
J'ai été souvent blessée en amitié, parfois par ma faute, parfois pas. Mais l'amitié a toujours été pour moa une source intarissable de bonheurs ... et de souffrances.
Comme si ça allait de paire. Comme si tout ne pouvait fonctionner qu'un temps. Comme si tout était sensé déraper à un moment, on ne sait pourquoi.

Je crois que c'est probablement pour ça qu'à certaines périodes de ma vie, j'ai pu privilégier ou m'investir davantage dans ma vie amoureuse. Pour éviter de souffrir de l'autre côté. Pour me protéger. Pour ne pas répéter pour la énième fois une erreur qui peine, qui laisse des cicatrices toujours plus vives.
Et cette nouvelle déception, c'est comme si elle me mettait de nouveau en garde. Comme si je devais faire attention, m'impliquer plus prudemment, mettre le ola. Pour ne pas recommencer éternellement les mêmes erreurs. Pour ne pas revivre les mêmes souffrances. Une nouvelle fois. Une fois de trop.
Et pourtant ... Pourtant j'ai cette soif terrible de rencontrer toujours de nouvelles personnes, d'agrandir mes horizons, de découvrir d'autres choses au contact des gens. De partager. D'échanger. De grandir, de mûrir, d'avancer. D'être accompagnée. Entourée.
Je crois qu'internet, depuis 5 ans, a changé beaucoup de choses dans ma vie, m'a permis de rencontrer des personnes de toute la France qui sont devenues des amis, des personnes différentes de moa, mais qui ont toutes cette même envie : s'enrichir les uns les autres, apprendre, s'ouvrir à l'inconnu. Et ça a été un vrai épanouissement, une source de plaisir intense et tellement nécessaire.
Et les blogs font définitivement partie de cette ouverture d'esprit qui me fait beaucoup de bien !

J'aime les gens. Je n'aime pas tous les gens, bien sûr. Mais j'aime la possibilité de construire ensemble. J'aime apprendre des autres. J'aime être à leur contact. J'aime le partage, malgré ma timidité qui me bride parfois.
Et de temps en temps, pourtant, je me dis que je ferais mieux d'aller m'enfermer au fin fond d'une caverne, loin de la civilisation, pour éviter encore les désillusions. Mais je sais que je ne le ferais pas, car je serais bien malheureuse.
Je vais juste probablement faire le tri. Remettre chaque personne à la place qui lui revient. Ne pas espérer plus. Ne pas trop espérer. Et prendre ce qui vient.
Parce que ça vaut la peine. Oui, au fond, ça vaut la peine.

Laptitezoudesbois
17:42 Publié dans Laptitezoudesbois | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : amitié, déception, peine
15.02.2009
Tell Me You Love Me
Cette série, sortie en 2007, je ne l'ai découverte qu'il y a quelques mois. J'avais lu deux ou trois articles sur le sujet, sans plus. Et puis j'ai commencé à regarder, et je me suis laissée prendre au jeu. C'est une série qui traite de l'amour, des couples, des relations. C'est une série qui parle de sexe aussi, et qui le montre de façon parfois crue, osée même. Mais c'est avant tout une série qui cherche à explorer la vie intime des couples, et qui est d'une justesse désarmante.

Cette série ne ressemble à aucune autre, littéralement. Loin des cours d'école de Gossip Girl, des mystères de Lost, de la douceur de Gilmore Girls, du suspense de 24 ou des rebondissements de Desperate Housewives, elle montre plus vraie que nature la vie de 4 couples confrontés à des difficultés relationnelles ou sexuelles. Ici, nous sommes au plus près de la vie quotidienne, au plus près des sentiments, au plus près de ces différents couples qui essayent de s'en sortir aussi bien que possible. Tous ces couples ont un lien : ils vont tous voir une psychanalyste pour essayer de régler leurs problèmes. Cette psychanalyste d'un certain âge, nous la suivrons également dans ses histoires de couple et ses doutes.
Ainsi, les personnages ne se connaissent pas nécessairement, mais évoluent tous à un moment donné dans le cabinet du Docteur May Foster, pour régler ce qui les hante et qui les empêche d'être vraiment heureux.
Il y a d'abord Jamie et Hugo, qui ont décidé de se marier prochainement, mais qui semblent ne pas partager la même vision de l'engagement et de la fidélité. Ils sont jeunes, amoureux, mais malgré l'épanouissement de leur vie sexuelle, leur relation court droit à l'échec ... Leurs disputes se multiplient et ils ne savent plus comment gérer cette situation.

Carolyn (Penny dans Lost) Et Palek sont très amoureux, ils ont tout pour être heureux, gagnent leur vie aisément, sont épanouis socialement, et leur couple fonctionne à merveille. Sauf qu'il leur manque une chose : un bébé. Et leurs essais infructueux d'en avoir un durent depuis plus d'un an, ce qui les mine l'un et l'autre considérablement.

Enfin, Katie et Dave ont deux enfants et leur vie de couple est terriblement monotone. Cela fait plus d'une année qu'ils n'ont pas faits l'amour, et Dave ne semble pas affecté par cela ; il rejette les signes que Katie lui envoie pour changer la situation. Ils sont en perpétuel conflit, et se sont tellement habitués l'un à l'autre avec les années que leur relation semble uniquement basée en fonction de leurs enfants et de leur vie de famille, et plus du tout sur leur amour.

Et puis il y a également May, la psychanalyste, une femme d'un certain âge, qui est complètement épanouie dans sa relation avec son mari mais qui revoit toujours son ancien amour avec une certaine nostalgie, et qui ne sait plus où se situer entre eux deux. Elle cherche à savoir si les choix qu'elle a fait jusque là sont les bons.

Tell Me You Love Me est une série désarmante, pour le côté déshinibé des scènes d'amour qu'elle propose. Cela peut être très dérangeant au début, et puis finalement on s'y fait car dans ces scènes de nu où rien n'est laissé au hasard, on ne décèle jamais la vulgarité d'un film X, ou la gratuité d'un acte sexuel. Tout est soupesé, réfléchi, évalué, sensé. Les relations entre les personnages se révèlent davantage dans les silences lourds de sens qu'ils échangent, que dans les paroles qu'ils laissent échapper. De cette façon, la série peut parfois sembler lente, mais c'est parce que la réalisation est sensible, à fleur de peau, tout en sentiment et en évidences.
Chaque personnage est terriblement attachant, plein de contradictions et d'humanité. Cependant, je crois que le personnage qui m'a le plus touché, le plus interpelé, c'est Jamie (Michelle Borth).

La vingtaine, elle travaille dans un restaurant, et vit une histoire passionnée avec Hugo. Ils veulent se marier, mais Jamie prend conscience petit à petit que lui ne le souhaite pas vraiment, ou tout du moins ne se rend pas compte des engagements que cela implique. Elle doute de lui, de sa fidélité, elle ne lui fait pas totalement confiance. C'est un personnage très touchant, fragile et perdu. Elle est d'une simplicité et d'un naturel adorables. Et je la trouve terriblement jolie.

Malheureusement la chaîne HBO et la créatrice de Tell Me You Love Me, Cynthia Mort, ont décidé d'un commun accord d'arrêter la série. Je trouve ça vraiment dommage, car il me semble que c'était une série à part, terriblement mature, qui faisait réfléchir et se repositionner sur la vie de couple et les aléas d'une relation amoureuse. Elle va me manquer, vraiment.
Cela dit, la première et dernière saison est vraiment un bijou, elle ne comporte que 10 épisodes mais mérite que l'on s'attarde dessus.

16:37 Publié dans Laptitezoudesbois | Lien permanent | Commentaires (11) | Tags : série, amour, couples, incompréhension





























